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Manu Chao, la Mano Negra, Hot Pants
 

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Interview de Manu à propos de Maradona dans So Foot

 
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Anneso
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MessagePosté le: Lun 15 Fév - 18:50 (2010)    Sujet du message: Interview de Manu à propos de Maradona dans So Foot Répondre en citant

So Foot,journal des footeux intellos.

Un peu énervant cette idôlatrie pour un footballeur,ah qu'il est merveilleux,ah qu'il est génial,ah il a tous les droits etc...mais bon...

Je n'avais jamais lu cette interview,cela dit.



Manu Chao versus Maradona 15 février 2010 à 13:08
Alors que le désormais sélectionneur argentin multiplie les esclandres et autres facéties verbalo-politico-footballistiques dont il a le secret, prolongeons notre série sur le ballon rond et le rock alternatif avec cette interview de Manu Chao, ex Hot Pants (son meilleur groupe), ex mano negra, ex lui-même en solo. L’occasion de voire à quel point, dans les années 80, le foot comme le rock, demeuraient encore un peu, malgré tout le reste, une histoire sentimentale. Interwiew parue dans le so foot n°50 , décembre 2007
Manu Chao n’est pas seulement le gentil garçon de l’altermondialisme qui vend plein de disques en trois langues, il reste également un gamin qui parle de « Diego » avec des trémolos dans la voie. Et depuis sa rencontre avec son héro à Naples, il n’est toujours pas redescendu de son nuage. Il a même composé une chanson, la deuxième sur le bonhomme, interprétée dans le film Kusturica sur le joueur argentin. Un casting trop parfait ?
Déjà avec la Mano tu chantais Maradona, alors que globalement le rock alternatif s’avérait assez anti-foot (les morceaux des Ludwig von 88, etc), tu vivais bien le paradoxe à l’époque ?
Enfin on aimait tous taper le ballon. Et voire Diego sur un terrain, cela te donne envie de jouer au foot ! Pour le reste, les réactions des alternos relevaient surtout du refus du foot business. Ma chanson « Viva tombala » évoque surtout la vie des gens, le destin. Diego dépasse le foot. Sa destiné me fascine : la fabuleuse histoire de Naples, l’élimination de l’Italie en coupe du monde.. Au départ Kusturica voulait « Santa maradona » pour son film. Je n’étais pas contre. L’idée de participer à une rencontre Kusturica / Maradona me suffisait. Ils sont très différents, mais ils représentent deux taureaux à mes yeux. Un joli match... J’avais vraiment envie d’en être. J’ai demandé à Kustu de me laisser malgré tout une chance d’écrire un nouveau morceau, de me mettre en danger par rapport à l’affaire. Puis j’ai rencontré Diego à Naples. Au début j’avais pensé à « Mala Fama », la mauvaise réputation, sur mon dernier album. Puis j’ai composé « Viva Tombola ». Je l’ai chanté à deux guitares en argentine à Diego, il sortait juste de la voiture. Kustu a filmé. Je ne sais pas si cela sera dans le film. Énormément de chansons lui ont été consacrées, assez pour réaliser une compilation rien que pour l’Argentine. Finalement, il a eu une vie d’artiste. Le deuxième but contre l’Angleterre constitue son chef d’œuvre
Dans cette nouvelle chanson justement, tu proclames « si j’étais Maradona, je ferai comme lui », c’est son côté punk qui t’attire ?
Cette phrase signifie qu’il reste facile de critiquer, mais si n’importe qui, toi moi ou un autre, nous nous retrouvions dans la peau de Diego, que ferions-nous ? Peut-être vivrait-on comme lui. Elle est à triple, quadruple sens. Et d’abord un hommage. Mes deux chansons sur lui sont des hommages. Il n’y a pas de critique. Il existe des personnages qui planent un peu au-dessus du bien et du mal, et il en fait partie. Il ne triche pas, il s’implique à 100% dans sa vie au plus fort de l’instant présent. Effectivement, de ce point de vue, il est punk. Je n’ai pas passé non plus des nuits à discuter avec lui, cependant je n’ai pas l’impression qu’il se prélasse dans les vieilles histoires nostalgiques. Son existence est un combat permanent, une bataille de tous les moments.
Le Barça ne fut pas son meilleur club, toi qui vit à Barcelone, tu te l’expliques comment ?
Barcelone s’avère trop sage pour le bonhomme, pas assez turbulente. Il a besoin de tumulte. Naples n’était donc pas loin d’être la cité idéale. D’un autre coté, j’aurais bien aimé voire sa carrière dans un club turc, à Istanbul. Imagine les étincelles !
Pour toi la véritable légende de Maradona commence à Naples ?
Une alchimie incroyable avec la ville, avec le club, la population. Une épopée mythique. La revanche du sud de l’Italie sur le nord. Symboliquement très fort. Il n’était pas tout seul, mais ils ont réussi un truc unique. Ils ont rendu une certaine fierté à beaucoup de gens. Il existe une connexion naturelle entre l’Argentine et le sud de l’Italie. Beaucoup d’italiens ont émigré en Argentine, des militants anarchistes etc. Rien que son nom, il doit percher des ritals dans son arbre généalogique. La chanson de la Mano avait déjà été écrite à Naples. Cette ville condense le mieux le phénomène Maradona. Tu rentres dans n’importe quel bar de Naples, à l’époque, même aujourd’hui, tu aperçois la photo de la madone et celle de Maradona.
Justement ta rencontre avec lui à Naples…
J’ai eu la chance de passer une journée avec Diego à Naples. Et je remercie la vie pour cela. J’ai ouvert la porte de l’Hôtel. Il rentrait d’Argentine, il était en train de dormir. On ne se connaissait que par lettre. J’ai l’habitude des tournées, des jet-lag, je vois bien qu’il était en train de faire la sieste pour récupérer. Je me suis excusé comme un môme, « excuse-moi Diego ». Il m’a pris dans les bras avec une accolade de frangin. Et il est retourné faire sa sieste. Dans le couloir, beaucoup de gens traînaient, qui venaient pour le jubilé de Ferrara. J’ai joué de la guitare, chanté avec les mecs de sa sécu, et tous les footeux qui passaient : Ferrara, sa famille, même Laurent Blanc. Et après, nous sommes partis au stade ensemble. C’était chaud, la ville en ébullition, une forte dose d’adrénaline. Un climat Taticardique. Dur d’être Diego tous les jours, surtout à Naples. Tellement d’amour, de ferveur. L’hôtel était encerclé de jeunes gars qui ne l’avaient jamais vus jouer. 2000 personnes. Et Diego, petit taureau dans l’instant, sort tout seul par la porte principale. Il doit faire demi–tour. Tout le monde rentre avec lui, l’hôtel est envahi, dévasté, sans violence, un tourbillon. On descend dans les sous-sols, on chope les voitures et à fond la caisse dans les rues étroites de Naples. Arrivée au stade, pas de pass ni de baskcstage qui tiennent, tous s’enfournent dans le stade. Tu ne peux pas le contrôler Diego. Un petit bonhomme, pas plus haut que moi. Dans la ferveur de Naples, tu ne le vois jamais. Une ruche affolée et tu sais qu’il se tient au milieu en guise d’épicentre. La marabunta comme on dit en espagnole ou une véritable commedia dell’arte si tu préfères. Une rock star qui vieillit bien mieux que les autres. Il est resté adolescent dans sa tête.
Maradona reste un joueur inégalé, mais aussi quelque part celui qui demeurera dans l’histoire pour l’un des plus sales gestes d’une coupe du monde : tu lui en veux ou tu l’aimes davantage pour cela ? Les pauvres ont droit de tricher contre l’injustice ?
Ce but de la main est légendaire, dans un contexte politique particulier (la revanche de l’Argentine sur l’Angleterre après les Malouines). Arrêtons d’abuser, d’autres buts de la main ont été marqués durant toute l’histoire des coupes du monde. De la triche ? je dirais de la malice, n’importe quel footeux comprendra. Si on veut parler de triche, ouvrons le débat. Sur le terrain, mais dans les bureaux de la FIFA surtout. Et Zidane a eu un geste pas terrible récemment non ?
Tu as rencontré ton idole ?
Je n’ai pas d’idole. J’ai rencontré un personnage qui me fascinait. Dans le taxi qui m’emmenait à Naples, de mon hôtel à celui de Maradona, le chauffeur m’a demandé ce que cela me faisait de rencontrer dieu, je lui ai répondu que j’étais athée. Je le perçois comme un artiste en fait, un immense artiste. Dans ce match contre l’Angleterre, toute la vie de Diego est résumée, comme dans le meilleur disque d’un musicien, avec ensuite ce but magique, incroyable, artistique. Et pour le coté tragico-théâtrale, rappelle-toi l’élimination de l’Italie en coupe du monde. Du pur Shakespeare. Même un scénariste d’Hollywood n’inventerait pas de scénario équivalent. C’est un rockeur qui n’a jamais été dompté par le système. Ok, il est rentré dedans, il a débloqué à mort. Il y a participé aussi. Cependant, il n’a jamais été sage. Il n’a jamais porté de muselière. C’est pour cette raison qu’il est aussi apprécié chez les jeunes des quartiers. La vie de Diego s’apparente à un tango. En fait, un mélange entre un péplum et un tango.
Maradona a une église et le Che imite le christ, quand Chavez se prend pour Saint-Paul , cette obsession religieuse et chrétienne en Amérique du sud, tu ne la trouves pas pesante parfois ?
Il existe une réelle dévotion, impossible de le nier. Elle n’est pas limitée à l’Amérique du sud. À Bamako ou ailleurs tu la ressens partout, mais d’abord sous la forme d’un immense du respect. Pourquoi ? Pour les gens des quartiers populaires, son destin est formidable, avec des hauts et des bas. Tous les gars des quartiers peuvent s’y reconnaître.
Cette ferveur populaire autour de lui ne t’effraie pas ?
D’où cette chanson que j’ai écrite après cette journée à Naples : si j’étais dans sa peau, comment je réagirais. ? Je le gérerais comment ? Je suis habitué à mon petit niveau à une légère pression. Avec Diego, on bascule dans une autre galaxie : comment ne pas péter un plomb. Et il en a pété 10 000 des plombs. Ensuite, les gens disent qu’il exagère. Mais quand tu vois ce qui se passe autour de lui, ce bordel monstre et pas une minute pour méditer, pour se retrouver avec lui-même. Et d’un autre coté, il aime cela, je pense. Cette pression, il l’absorbe. Il ne se réfugie pas derrière un paravent. Il y va torse en avant, comme un petit taureau. On a jamais eu le temps de se poser, de discuter. À chaque fois, on s’est rencontré dans une poussée d’adrénaline. Un jour j’aimerais pouvoir m’asseoir un soir tard, discuter de la vie ensemble. Les rapports humains sont d’une simplicité et d’une clarté incroyable avec lui. Il a gardé les codes d’honneur des banlieues, des quartiers populaires, qui sont partout les mêmes dans le monde. Je l’ai sentie, je ne sais pas comment l’expliciter. Il est très fraternel, même si il ne te connaît que depuis 5 minutes, il est 100 % sur l’instant avec toi. Il donne, il donne. Ce fut une rencontre passionnante, j’espère le revoir bientôt. Il a une tchatche magnifique et un humour terrible, un bon compère pour partir en virée.
Chavez ou Castro, voire Menem ; on dirait que Maradona partage cette fascination des Sud-américains pour les caudillos, les hommes providentiels, de droite comme de gauche, c’est le drame idéologique de l’Amérique du sud que se concentre dans le bonhomme ?
Il a ses opinions, je ne veux pas disserter dessus. Ça le regarde. Avec des points que je partage, d’autres pas du tout. Il est super contradictoire sur plein d’aspects. Il en reste d’autant plus attachant. Il incarne un tel symbole en Argentine. Toutefois il existe des anti-Maradona là-bas aussi. Beaucoup de ses décisions ont été très contestées. Finalement ma chanson signifie simplement que personne n’est un sain. Qui n’a pas fait de connerie dans sa vie, sauf que lui médiatiquement, ses excès explose à 1000 % à la face du monde. Il demeure un des rares footballeurs qui a ouvert sa gueule contre le système football. De temps en temps, il a posé les bonnes questions, les bonnes critiques. Aux Etats-Unis en 1994, personne ne devait être fou de joie que débarque un mec à fond pro castriste, en sachant qu’il est ingérable. Il dérange, y compris dans le registre politique.
Tu lui vois un équivalent dans le football aujourd’hui ?
Il faudrait en associer plusieurs. Mélanger Messi pour le gabarit et le style, un peu de Ronaldino, et une bonne pincée de Stoikov, pour le coté dingue. Messi est classieux et gentillet, et pourtant lui aussi, il en a déjà mis dans la main.
_________________
Et si vous n'aimez pas mes opinions, j'en ai d'autres (Groucho Marx)


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MessagePosté le: Lun 15 Fév - 18:50 (2010)    Sujet du message: Publicité

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