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Manu Chao, la Mano Negra, Hot Pants
 

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INTERVIEW GRENOBLE

 
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Anneso
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MessagePosté le: Mar 8 Sep - 19:34 (2009)    Sujet du message: INTERVIEW GRENOBLE Répondre en citant

La guitare en bandoulière et le poing serré, Manu Chao fait la tournée des réalités du monde: l'Amérique latine, l'Afrique, la Russie, l'Isère... Et en interview, le globe-chanteur parle de ses voyages, de son statut, de politique, d'espoir, de Grenoble et même du trou de la Sécu ! A la vie comme à la scène, à la scène comme au bistrot, "le Chao must go on"... et passera par le Summum le 29 septembre.

- Vous tournez depuis des années dans le monde entier. Quand vous donnez des concerts en France, avez-vous, malgré tout, l'impression de chanter un peu à la maison?
Bien sûr que oui ! En même temps, avec mes voyages, tout ce qu'il s'est passé dans ma vie, il y a plein d'endroits au monde où j'ai l'impression de chanter à la maison. La France, ça me fait quelque chose, j'y ai passé mon enfance, mon adolescence, c'est là où j'ai commencé la musique. Mais en Espagne, je me sens aussi chez moi. En Galice, en Andalousie, au Pays Basque... Au Brésil aussi, parce que mon fils est là-bas. L'Argentine et le Chili, c'est la maison également. Y a plein d'endroits comme ça. Et c'est beau. Mais c'est compliqué parce que tu ne peux pas être dans toutes les maisons à la fois.

- Et est-ce que la France vous manque parfois ?


C'est certain. Mais "la France", c'est vague pour moi, ça fait géopolitique. Disons plutôt qu'il y a plein d'endroits de France qui me manquent, pour des moments de vie. J'aime profondément la Bretagne, le Nord, Marseille... Et quand on me dit Paris, je pense à Mantes-la-Jolie, à Bondy, Menilmontant. Ma France, quoi !

- Et Grenoble ?

T'es de Grenoble? Mais j'ai des souvenirs fabuleux de Grenoble, des souvenirs fabuleux de concerts de la Mano Negra au Summum. Et j'ai aussi des souvenirs de mes passages à la Villeneuve, avec mes amis. Je passe le bonjour à Grenoble, à mes potes de la Villeneuve, à Brahim... et à quelqu'un qui a tout mon respect, que je vois souvent, c'est Amazigh. On a fait plusieurs choses ensemble.

- Changeons de sujet. On vous colle beaucoup de qualificatifs. Globe-chanteur, artiste humaniste...


Globe-chanteur, je pense que c'est juste. Le mot "humaniste" comme une référence figée, je n'aime pas trop. Parce qu'être humaniste, c'est un combat de tous les jours, à chaud. Evidemment, j'essaie de l'être au quotidien.

- Vous faites depuis des années le tour de la réalité du monde... mais dans des chansons, dans vos interviews, vous vous accrochez au mot "espoir". Comment luttez-vous contre le désespoir ? 
Les perspectives sont pleines de nuages. Moi, j'ai eu la chance de voyager dans ma vie, mais malheureusement, je ne suis jamais allé dans un endroit où les gens m'ont dit "Ici, tout va bien". Et si tu imagines les vingt prochaines années, si on est un peu lucide, on sait qu'on ne va pas manger des roses. La lucidité t'amène donc à être inquiet, c'est clair. Mais ensuite, je m'accroche à une certaine philosophie de la vie: plus les choses sont inquiétantes, plus il y a le besoin d'être optimiste. Voilà. Moi, c'est ma seule véritable bouée de sauvetage dans ce monde en tempête. Si tu n'es pas optimiste, tu deviens pessimiste, ce qui est terrible à vivre d'autant que ce n'est pas bon à la santé. Ensuite, tu peux virer au cynisme, qui, pour moi, est une planque. Enfin, il y a le nihilisme, ce qui n'est pas dans ma nature. Donc il me reste un seul choix: "optimiste". 
- Dans ce contexte archi tendu, la musique est-elle plus que jamais une arme ?

Je n'aime pas trop le mot. Pour moi, ça reste d'abord un moyen un peu médicinal pour faire passer les tracas. La musique, c'est fait pour ça, c'est un moteur physique, que je joue dans une grande salle ou dans un bistrot. Après, c'est évident, il y a le message que tu peux véhiculer pour beaucoup de gens en même temps. Avec la musique, je dénonce, j'exprime mes idées, je pousse les mêmes coups de gueule que le boulanger qui galère ou que l'étudiant qui manifeste. Mon micro, c'est leur haut-parleur.

- Etre un artiste c'est déjà pas facile, mais en plus, un médecin des âmes, un haut-parleur... Est-ce que cela ne pèse pas trente tonnes sur vos épaules?

C'est vrai que pour certains, je représente ça. Mais pour d'autres, je ne suis qu'un rien du tout, donc il faut relativiser. Ensuite, ma chance, c'est que le succès est arrivé petit à petit, à dose homéopathique. D'abord rien, puis un petit succès d'estime avec les Hot Pants, puis un peu plus avec Los Carayos. Puis, il y a eu la Mano. Et enfin, les succès en solo. Et donc, ces paliers, ça aide à gérer par rapport à un gamin de 20 piges qui devient célèbre du jour au lendemain. Je comprends que lui, il puisse péter grave les plombs. Après, il n'y a pas que la musique à gérer...
- L'image, les opinions politiques, les petites phrases...

Avec Internet, c'est de la folie ! En une minute, mes mots sont déjà partout. Mais je m'en fous. A chaque fois que je parle devant plein de monde ou en conférence de presse, je fais comme si je suis dans un bistrot de mon quartier de Barcelone. Comme ça, je ne parle pas avec ma tête mais avec mon instinct. Là, tout ce que je t'ai dit depuis le début, j'aurais pu te le dire au bistrot.

- Sinon, il reste quoi du Manu de la Mano ?

Bonne question, mais j'en sais rien. Je n'arrive pas à me remettre dans la peau de celui que j'étais il y a plus de quinze ans. Disons que je suis bien meilleur musicien qu'à l'époque. Mais qu'il me reste la même passion pour ce que je fais. C'est d'ailleurs assez curieux que je sois toujours autant passionné par la musique.
- C'est plutôt chouette...

Oui, mais quand je réflechis un peu, je me dis toujours que ça aurait dû s'estomper, ou qu'une autre passion aurait dû prendre le relais. C'est bizarre. Mais c'est comme ça.

- Arrêtons de regarder derrière et regardons devant. Vous avez peur de vieillir, à la fois physiquement et artistiquement ?
Artistiquement, ça ne me dérange pas. Je suis prêt à cela, comme je suis prêt, dans ma tête, à passer à autre chose parce que c'est naturel. Dans ma vie, il m'est arrivé plein de choses qui m'ont donné envie de ne pas faire que de la musique. La passion a un côté un peu tyrannique quand on est à fond, à 100%. Par exemple, moi, j'ai envie de faire des études d'ostéopathie, de chiropractie, des trucs comme ça. Je le fais déjà, mais en dilletante. Un jour, si la passion pour la musique s'estompe un peu, ça ne sera pas un drame, mais au contraire plein de nouvelles portes qui s'ouvrent. Je ne suis pas inquiet.

- Du coup, vous pourrez vous "occuper" personnellement de votre vieillissement physique...
C'est sûr (il rit). Mais je vis très bien le fait de vieillir. Je ne sais pas pourquoi. Peut-être parce que je n'ai jamais été aussi bien dans ma peau de toute ma vie que maintenant. Je n'échangerais pour rien au monde la manière avec laquelle je me sens aujourd'hui, et dans mon corps et dans ma tête. Je sais qui je suis. Il reste plein de zones d'ombre, mais ça va, je ne veux plus être quelqu'un d'autre. A partir de là, la vie est beaucoup plus facile (...) et donc voilà, je me sens bien dans mon corps parce que j'ai appris à respirer, à m'auto-soigner. J'ai fait des études de médecine et je suis mon premier cobaye. Ça, c'est fabuleux. Avec le temps, j'ai appris à tellement bien me connaître. Et j'en veux un peu à l'école de ne pas m'avoir donné des clés vraiment sérieuses là-dessus. J'ai mis trop longtemps à apprendre ça, j'ai dû faire l'autodidacte. Et moi, sérieux, je trouve que ce serait fabuleux qu'on apprenne ça aux enfants dans les écoles. Si à l'école on apprenait aux enfants à savoir s'auto-gérer pour ne pas tomber malades, eh bien _ et je pense ne pas dire de connerie_ mais en 25 ou 30 ans, on en aurait fini avec le problème du trou de la Sécu ! Là, voilà, j'apporte une solution. Peut-être qu'elle est bidon, mais là, tout de suite, j'y crois.
- L'heure tourne. Finissons par quelques mots, quelques noms: Loi Hadopi ?

Je ne connais pas la loi Hadopi sur le bout des doigts, mais bon... Couper Internet à ceux qui téléchargent illégalement, je ne trouve pas ça convaincant. Et puis je me pose des questions. Que dit la loi aux grosses industries qui se font plein de thunes en vendant aux gamins des machines pour pirater les artistes ? Le problème est là. Regarde les panneaux publicitaires quand tu fais le tour du périph' : tu ne vois plus une pub sur le nouveau CD de Johnny, mais que des pubs pour le dernier truc qui permet de télécharger. Et les mômes, ils sont sous pression à longueur de journée pour acheter ça.
- On continue: musique et gratuité ?

C'est un débat super tendu. Ce qui est sûr, c'est que ça va devenir super dur de vivre de la vente des CD. Aujourd'hui, un musicien a plutôt intérêt à savoir se débrouiller sur une scène. C'est, je pense, le côté positif: il va y avoir plus de spectacles, les musiciens vont plus se casser la tête sur scène.
Michael Jackson ?
Les médias ont canardé à outrance. Mais c'est le jeu. Quand ce n'est pas la Coupe du monde, c'est l'élection d'Obama, et quand ce n'est pas l'élection d'Obama, c'est le malaise de Sarkozy. Que dire sur Jackson? Il y a quand même des mutants sur la planète. Mais c'est intéressant de voir comment l'être humain a pu en arriver là. Quant à l'artiste: chapeau ! C'était la classe quand même.



- Dernière petite question: vos concerts ne coûtent "que" 29 euros. C'est quoi le truc ?

On montre que c'est possible.Car la tournée est bénéficiaire, on ne se serre pas non plus la ceinture comme des sauvages. Le truc, c'est nos techniques de travail. Dans Radio Bemba, on est douze ou treize et tout le monde fait un peu tout. U2, ils sont 250... Après, faut pas s'étonner que les places coûtent une fortune !
_________________
Et si vous n'aimez pas mes opinions, j'en ai d'autres (Groucho Marx)


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MessagePosté le: Mar 8 Sep - 19:34 (2009)    Sujet du message: Publicité

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